Ces derniers temps, le religieux semble occuper à nouveau une place visible dans l’espace public, au cœur de débats parfois vifs et polarisants. Faut-il y voir le signe d’un « retour » du religieux ? Ou assiste-t-on plutôt à une recomposition de ses formes de présence, dans des sociétés où la sécularisation n’a pas fait disparaître les convictions, mais les a transformées ?
En Belgique, comme ailleurs en Europe, les pratiques religieuses traditionnelles continuent globalement de reculer. Pourtant, les controverses se multiplient : crèches de Noël dans l’espace public, débats sur les signes convictionnels ou sur l’accès à l’IVG, mobilisations contre l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS)… Autant de situations où le religieux semble réapparaître, souvent là où on ne l’attendait plus. Mais ces tensions disent-elles réellement un regain de foi ? Ou traduisent-elles plutôt des crispations identitaires, des stratégies politiques, voire des alliances inédites entre acteurs et actrices aux convictions pourtant différentes ?
Car derrière ces polémiques, ce sont bien souvent d’autres lignes de fracture qui se dessinent : entre conceptions du vivre-ensemble, entre visions concurrentes de l’identité (culturelle, nationale ou religieuse), ou encore entre projets de société. Le religieux y apparaît parfois moins comme une fin en soi que comme un langage ou un levier, mobilisé dans des luttes qui le dépassent.
Ce phénomène s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par la montée de courants réactionnaires internationaux. Dans ce paysage, les références religieuses peuvent être instrumentalisées, réinvesties ou redéfinies, au service de projets politiques qui entendent redessiner les contours du débat public.
Dès lors, une question s’impose : faut-il réellement craindre un retour du religieux, ou plutôt interroger les usages contemporains qui en sont faits ?
Pour prolonger la réflexion ouverte dans notre dossier « L’Église, l’État…et nous ? », nous vous proposons d’en débattre avec trois intervenant·es aux regards complémentaires, qui éclaireront ces enjeux à partir de leurs terrains et de leurs analyses.
L’échange aura lieu entre :
- Christophe d’Aloisio, directeur de l’Institut de théologie orthodoxe de Bruxelles
- Myriam Tonus, théologienne qui a récemment quitté l’Église catholique pour le protestantisme
- Claude Proeschel, professeure de science politique à l’Université de Lorraine, travaille à l’Institut de recherches sur l’évolution de la nation et de l’État (IRENEE) à Nancy
Un débat animé par Caroline Sägesser, chercheuse au Crisp (Centre de recherche et d’information socio-politiques) et membre du collectif éditorial de Politique
Ensemble, ils et elles interrogeront la place réelle du religieux aujourd’hui : son poids, ses transformations, mais aussi les usages politiques dont il fait l’objet.
Le débat sera suivi d’un échange avec le public.
Date et heure : Lundi 13 avril 2026 à 20h00
Tarif : Prix libre (conseillé 3 €), mais réservation obligatoire
Salle : Salle des Arches
